lundi 3 juin 2013

Discographie VII




Inferno III : Mémoires d'outre-tombe (2013)
Troisième et dernier volet de la trilogie Inferno et septième album de VII depuis la sortie de Lettre Morte en 2007, Mémoires d'outre-tombe ne s'éloigne pas des recettes habituelles appliquées par le rappeur phare du label Rap And Revenge. Dans un milieu hip hop trop souvent en manque d'imagination, ce nouveau projet fait figure d'objet de curiosité. La précision d'écriture et la force poétique donnent à l'ensemble une impression de maîtrise et de maturité. Le style de VII gagne en finesse sans pour autant perdre l'intensité et la dureté qui ont fait la marque de fabrique de ses précédents albums. A la fois fortement tinté de littérature (H.P. Lovecraft Théorie, La Métamorphose) ou dans un registre introspectif (Post Mortem, Des rats dans les murs, La peau sur les os) Inferno III nous entraine dans un univers mélancolique et angoissant. On retrouve aussi la coutumière chanson sur les tueurs en série ; cette fois-ci Jeffrey Dahmer, le célébre serial killer de Milwaukee, est à l'honneur dans le terrifiant Psychose. Dans un genre plus ésotérique, L'étoile du matin retrace les diverses légendes et versions du mythe de Lucifer à travers l'Histoire. Mais l'axe principal de cet album est avant tout sociétal et politique à travers des morceaux forts comme A Deux Pas Du Néant, Trois Jours De Ténèbres, Limbes et Requiem pour un massacre. Le rappeur s'associe cette fois sur plusieurs titres aux membres du groupe 1984, nouvelles recrues du label Rap and Revenge, dont le style incisif et sans concessions nous a été révélé l'an passé à l'occasion de la sortie de l'album Le Théâtre des Pantins renforçant ainsi la dimension engagée d'un projet aussi efficace qu'inattendu. A signaler l'omniprésence des scratchs tout au long de ce L.P, chose devenue trop rare dans les disques de rap d'aujourd'hui. Inferno III (Mémoires d'outre-tombe) est sans conteste l'opus le plus abouti de la discographie de VII. Une manière de ponctuer en force une trilogie placée sous le signe de la noirceur et de l'originalité artistique.

Inferno 2 : La couleur du deuil (2011)
Second volet de la trilogie Inferno, La couleur du deuil prend à contrepied toutes les tendances actuellement en vogue dans le hip hop. On assiste ici à un mélange peu commun entre poésie pure et fascination pour le mal. Fortement orienté vers l'occulte et la sorcellerie à travers des titres comme : A l'aube, L'école de la nuit ou Noces de sève et de vent, l'album laisse aussi transparaître la passion de son auteur pour la littérature dans Vanité (Memento mori) et La tombe. La couleur du deuil laisse aussi une large place à l'horreur la plus crue dans Jeu d'enfant, Erzsébet (La vierge de fer), Antéchrist et Transylvanie. Un vibrant hommage est rendu au bassiste Cliff Burton à travers le poignant : Il venait d'Orion. Dans Funeste empire et Les anges meurent en noir, VII adopte un registre plus militant. En grande partie produit par lui-même, VII bénéficie aussi de l'appui de LXXXV, Sawnbutcherz et 2FCH. La production se situe dans une veine musicale à la fois mélancolique, sombre et fidèle à l'univers habituel du rappeur. Avec ce second volet, VII nous prouve à travers son univers si particulier que les frontières de l'écriture n'ont aucune limite et que la force d'un album se situe avant tout dans l'imagination de son auteur.

Inferno : La jeune fille et le mort (2010)
Premier album d'une trilogie intitulée Inferno (L'Enfer en italien). La jeune fille et la mort est le cinquième opus de VII en moins de trois ans. Autant dire que le rappeur favoris de tous les dégénérés ne perd pas son temps. Il nous livre une fois de plus un album dans la continuité logique du reste de sa discographie. On y parle des tromatismes de l'enfance (Frère de mes fantômes, Je suis d'ailleurs), de nécrophilie (Elle ne dit jamais non), de secte obscure (Michelle se souvient) et même de bonne-soeur décadente (Le couvent des nonnes pècheresses). Entre dégout et facination on assiste à n déferlement de haine et de violence aveugle comme sur le perturbant Crève Hippie Crève dont le seul but est de défragmenter morceau par morceau des beatniks par simple plaisir. Sur ce nouvel album les tueurs en sèries sont encore une fois à l'honneur avec deux titres relatant le parcours d'assassin comme Joachim Kroll (Les insatisfaites poupées érotiques de Joachim) et Richard Ramirez (Les 112 nuits meurtrières de Richard Ramirez). Ces hymnes à la déviance humaine sont entrecoupés de ballade mélancolique (Frère de mes fantômes, Dernière nuit avec les chiens, La pendule...) rappelant au passage que VII maîtrise aussi bien le registre du gore pure et dur que celui du rap introspéctif. La jeune fille et la mort s'achéve sur un brulot politique sans conscession (La mort d'un monde) qui sonne comme une mise à mort du capitalisme mondial. Du côté de la production on retrouve comme d'habitude 2FCH et VII lui-même mais aussi LXXXV (rappeur et beatmaker brésilien qui officie lui-aussi dans une veine gore). Avec ce premier volume d'Inferno VII nous prouve qu'il ne cherche pas à diversifier ses projets mais qu'il ne fait qu'approfondir et perfectionner son univers si particulier. Un album qui devrait ravir les fans du genre et rebuter à tout jamais ces détracteurs.

Le Grand Chaos (2009)
En 2007 nous découvrions VII dans un Lettre Morte à la fois noir et raffiné. Deux années et quelques morceaux plus tard, il refait surface avec un nouvel opus ambitieux et rageur. Les titres résonnent d'emblés comme une suite logique de son premier L.P. Sur des instrumentaux de 2FCH, DJ Yep, Cence et VII lui-même ; il alterne morceaux introspectifs et outrancièrement gores. Truffé de référence au cinéma d'épouvante, au metal et au « gourou hippie » : Charles Manson, Le Grand Chaos n'en est pas moins un album personnel et engagé. Dans la droite ligné de ce qu'avait pu nous offrir VII à travers ses divers projets (Lettre Morte, Saison Grise, Les Jardins Macabres, Le Sang des innocents...), ce nouvel album est à la fois sensible et violent, sans aucun doute le meilleur qu'il nous ai livré à ce jour.

Le sang des innoncents (2008)
Suite à ses deux albums solo (Lettre Morte et Les Jardins Macabres), VII ressort de l'ombre accompagné cette fois-ci de Littledemo avec qui il avait déjà enregistré deux morceaux aux titres évocateurs : Carnage et Abattoir. Dans un registre tout aussi sombre et brutal, le binôme le plus violent du hip hop français nous offre un opus qui ne fait pas dans la demi mesure; le rap avait rarement atteint un tel niveau de violence et de sadisme pur : le cannibalisme, le meurtre religieux, l'exploitation sexuelle : nous assistons à un véritable défilé d'atrocités portées par les instrumentaux de 2FCH et VII lui-même. Chaque titre nous entraine dans un cyclone de déviance mentale et de total désordre moral. Du hardcore à l'état brut pour les amateurs de gore et de folie meurtrière.

Les Jardins Macabres (2008)
A peine 6 mois après la sortie de Lettre Morte (son premier album), VII revient avec un second opus intitulé : Les Jardins Macabres. Loin de renier la noirceur de son style, VII confirme son intention de s'inscrire dans une démarche brutale et sans concession avec des textes et des sonorités de plus en plus obscures. Epaulé par 2FCH et DJ Yep à la production, il distille au fil de 14 morceaux ravageurs son point de vue lugubre et glacial, et toujours teinté de cet humour noir bien particulier. Les Jardins Macabres est un récital inquiétant qui vous plongeras dans les profondeurs de l'horreur et de la folie humaine.

Saison Grise (2008)
Beatmaker de l'ombre du label Sonatine Musique, 2FCH nous propose une compilation de morceaux entièrement produit par lui seul, et réunissant des rappeurs affiliés au label tel que : VII, Dajoan Mélancolia, 16, Fayçal, J.Day ou Drago. La diversité des ambiances et des thématiques donnent à cet opus un aspect à la fois éclectique et épuré. Les rappeurs se succèdent, imposant habilement leurs univers respectifs sur des instrumentaux sombres et mélodieux. Au final, Saison Grise confirme et renforce le style obscur et classique d'un des labels indépendants les plus productifs de l'underground.

Lettre Morte (2007)
Pièce maîtresse et rappeur emblématique du label Sonatine Musique, VII déboule chez vos disquaires avec Lettre Morte, un opus brutal produit par 2fch et lui-même. A l'heure où sort son premier album solo, VII possède une douzaine d'années d'expérience mouvementées dans le milieu du rap. Au fil de quatorze morceaux d'une rare virulence le rappeur démontre avec dextérité sa maîtrise d'un style froid et rugueux. La cohésion entre la voix et les instrumentaux crée une atmosphère de violence dans la plus pure tradition de la scène hardcore indépendante. Avec cet album, VII s'impose incontestablement comme une valeur sure de l'underground.